22.07.2008

La résistible ascension du vote invérifiable

Pierre Muller, l'un des animateurs du site internet Ordinateurs-de-vote.org a souhaité commenter le doublement du vote électronique par un vote papier lors du vote des parlementaires le 21 juillet 2008 à Versailles.

" Ce 21 juillet, le Congrès réuni à Versailles se prononce sur la réforme des institutions, et cette décision est prise au moyen d’un système de vote électronique.

Comme ce vote s’annonce serré, M. Bernard Accoyer a cru bon de le doubler d’un décompte manuel des bulletins de vote « de façon à écarter toute contestation ». Cette précision confirme que le président de l’Assemblée sait que même un décompte informatique peut être sujet à erreur et, partant de là, que sa sincérité pourrait être questionnée.


Cette première indique que nos élus ont maintenant conscience qu’un vote électronique échappe par essence à toute observation, conclusion à laquelle sont déjà arrivés de nombreux électeurs « cobaye » dans les villes dotées d’ordinateurs de vote..."


Je vous invite à lire l'intégralité du propos de Pierre Muller sur Agoravox.fr


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08.03.2008

Comment contester l'utilisation des machines à voter

En 2004, l'usage d'ordinateurs de vote opaques et invérifiables a été imposé sans débat par la municipalité aux électeurs et électrices brestois.

Afin d'exprimer (encore une fois !) en toute légalité votre désaccord avec cette régression démocratique et revendiquer votre souhait du retour à Brest au vote papier avec urnes transparentes, il vous est proposé un modèle de lettre à remettre aux président-e-s de votre bureau de vote et à joindre au procès-verbal du scrutin.

Modèle de lettre type à télécharger :

- Document au format .RTF ou au format .PDF

Vous pouvez reprendre le texte ci-dessous ou l’adapter :

=============
[Prénom, Nom]
[Adresse]
29200 Brest

Brest, le 09 mars 2008


Elections municipales et cantonales - 1er tour


Bureau de vote de Brest numéro [numéro]


Contestation de l'utilisation de machines à voter


Monsieur le Président du Bureau de vote,
Madame la présidente du Bureau de vote,


Mon bureau de vote est équipé d’une machine à voter.

J’ai toujours voté jusqu’à présent avec des bulletins en papier dans des conditions qui donnaient satisfaction.

Aujourd’hui je n’ai pas eu la possibilité de voter avec un bulletin papier comme je le souhaitais.

Avec cette machine, rien ne me permet de vérifier que les votes sont enregistrés correctement. Le contrôle visuel et la possibilité de recomptage qui existaient avec le dépouillement des bulletins papiers ne sont plus possibles.

Il m’est demandé de faire confiance à une technologie que je ne connais pas, et qui est maîtrisée par une société informatique à laquelle je ne souhaite pas déléguer la transmission de mon vote.

Je souhaite revenir à l'organisation d'un vote avec bulletin "papier", avec la possibilité de vérifier simplement la validité du scrutin au moment du dépouillement.

Je vous demande de faire figurer cette demande au procès-verbal de l’élection.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, Madame la Présidente, mes sincères salutations,


Signature


=============

Les présidents et assesseurs des bureaux de vote connaissent cette démarche et prendront cette lettre qu’ils joindront au procès-verbal de votre bureau de vote. Il est conseillé la plus grande courtoisie lors de votre remise de lettre. Perturber le bon déroulement d’une élection reste répréhensible et n’engagerait que la responsabilité de son auteur.

- A lire aussi sur le site internet Ordinateurs-de-vote.org:
Action : élections municipales et cantonales 2008


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07.03.2008

Il était une fois... des urnes transparentes

Le 1er janvier 1991 l’utilisation d’urnes transparentes devenait obligatoire en France suite à la mise en application de la loi numéro 88-1262 du 30 décembre 1988. Une véritable révolution dans le système électoral français. Tout scrutin ne pourrait désormais se dérouler qu’avec des urnes dont les quatre faces verticales seraient transparentes. La finalité de ce choix était de permettre à tout électeur de pouvoir observer que les urnes étaient réellement vides au début du scrutin. Ce processus de transparence était présenté alors comme un procédé antifraude légitimement compréhensible par tout le corps électoral. L’on en comprend effectivement le sens. Comme le commentait le journaliste Jean-Pierre Beuve dans Ouest-France du 17 octobre 1990, “...Lors des prochaines consultations électorales, Marianne y verra plus clair.” . A partir du moment où l’on en s’en donnait la peine, les étapes de l’élection étaient dorénavant contrôlables par le peuple, le système répondant aux exigences de notre Constitution (“gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple”). Cette transparence a perduré jusqu’à aujourd’hui en ce qui concerne les scrutins traditionnels avec bulletin de vote en papier, ceci même si ce système de vote a encore de grandes marges d'amélioration devant lui. Il suffit de s’intéresser à la jurisprudence pour comprendre la portée de la loi du 30 décembre 1988. Pas si loin de nous, suite au référendum du 24 septembre 2000, le Conseil constitutionnel avait annulé le scrutin qui s’était déroulé dans le bureau de vote installé dans la mairie de Biarotte (Landes) car il avait été fait usage d’une urne non transparente en méconnaissance des dispositions de l’article L. 63 du code électoral (Décision du 28 septembre 2000).

S’attarder sur le côté transparent des urnes traditionnelles permet de mettre en avant le folklore qui sera désormais mis en place par les collectivités pour donner artificiellement l’illusion à la populace d’une soit disante “sécurisation” des différentes étapes d’une élection utilisant des ordinateurs de vote. “Contrôles” dont le peuple est désormais totalement dépossédé. Citoyens qui doivent alors faire aveuglément confiance à des tiers (mandataires des listes en lice et assesseurs) qui ne sont là que pour cautionner une mise en scène dont ils se rendent naïvement (consciemment ?) complices. Quand on sait que l’accès au programme informatique des ordinateurs de vote est refusé à ces tiers (et bien sûr aux citoyens!) en raison de secrets industriels, l’on aurait de quoi vouloir se rouler par terre de rire si notre démocratie n’était concernée.

La lecture du magazine municipal de la Ville de Brest “Sillage” numéro 128 (février/mars 2008) permet d'apprécier le comique de la chose. Quand la Ville de Brest indique “donner l’assurance” à tous les responsables de listes et à leurs mandataires “de ne pas utiliser deux fois de suite une machine une même machine dans un bureau”, l’on comprend bien vite à quel point l’on prend les électeurs pour des imbéciles. A croire que ces chinoiseries de procédures au service d’une pseudo “sécurisation resserrée” (sic) seraient à même de remplacer le principe constitutionnel du contrôle des scrutins par chaque citoyen. Quand on lit toujours dans la revue municipale brestoise tout le pataquès technique et logistique qui sera mis en place à partir de 4h du matin (sic) avec “cellule de maintenance en alerte” (sic) toute la journée du scrutin, là on se dit qu’il y aurait assez de vessies pour éclairer la place de la Concorde un soir de pleine lune. Tout cela pour devoir attendre, “la loi l’impose” (sic), 20h00 pour la diffusion définitive des résultats officiels.

Le citoyen qui s’intéresse un temps soit peu à ce dossier du vote électronique appréciera la volonté des élus brestois à se conformer à la loi, surtout lorsqu’elle est royalement bafouée lors de l’utilisation de ces ordinateurs de vote (en l’occurence à Brest ceux du fabricant NEDAP). A titre d’exemple pris à peine au hasard, lors des scrutins des 9 et 16 mars prochains, les électeurs brestois ne pourront constater, contrairement au Code électoral, que la reproduction du bulletin de vote correspondant à chaque liste (que la jurisprudence a assimilé au bulletin traditionnel) sur le pupître de vote des ordinateurs NEDAP ne reproduira pas la TOTALITE des noms des membres de chaque liste en lice.
planche de bulletins

Ceux qui croyaient encore qu’une élection municipale dans les villes de plus de 3500 habitants s’apparentait à une élection de listes d’individus en seront pour leurs frais. Et encore, je n’imagine pas la situation si dans un bureau de vote un électeur s’autoriserait à contester à la fin du scrutin l’information communiquée par le fameux “ticket de caisse” imprimé par la machine, exigeant dès lors un recomptage manuel de tous les bulletins de vote! J’ai eu beau chercher un soupçon de réponse à cette situation dans la fameuse circulaire ministérielle du 1er février 2008portant sur l’utilisation des machines à voter à l’occasion des élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars 2008”, je n’ai rien trouvé en dehors d’un autre pataquès rédactionnel qui a coup sûr sera brandit comme un parapluie institutionnel par les collectivités en cas de problèmes le jour des scrutins. Annoncer à l’électeur exigeant que la machine est “agréée” risque de n’être guère convaincant pour se substituer au recomptage de “bulletins” qui n’ont plus d’existence matérielle. Ainsi soit-il.

Devrons nous en conséquence demander au législateur de modifier vers le bas le Code électoral pour permettre aux marchands d’ordinateurs de vote de continuer à vendre leurs matériels aux collectivités ou bien l’Etat français fera t-il à nouveau le choix comme en 1988 de privilégier le contrôle citoyen des élections par le retour à une utilisation généralisée d’urnes transparentes dont certains électeurs sont privés depuis déjà quatre longues années?

Pour l’anecdote, à Brest les urnes transparentes furent acquises pour le “Référendum tramway” de 1990 (qui fait encore débat aujourd’hui) anticipant la mise ne vigueur de la loi de 1988.

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28.02.2008

Tournez à gauche !

Vidéo réalisée par l'association belge PourEva à la veille des élections régionales et européenne de 2007.



Et vous à Brest, les 9 et 16 mars prochain, allez vous confier votre voix à un ordinateur?


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07.02.2008

Bourrage d'urnes

Depuis l’ouverture de ce blog consacré aux élections municipales à Brest, j’avais envisagé d’ouvrir une rubrique “bétisier”. Aujourd’hui j’ai doublement l’occasion de vous inviter à son vernissage.

En premier lieu, je remercie Ronan Pétillon qui a fait partager sur le blog de Marc Coatanéa cette première pépite qui amusera les militants pour un retour à des scrutins contrôlables par les électeurs, situation dont l’on est privé à Brest depuis 2004.

Dépêchez-vous tout de même de vous rendre sur le site internet de la société France-Election qui distribue en France les ordinateurs de vote opaques et invérifiables NEDAP. Cette société, qui cherche ses prescripteurs là où elle peut les trouver, met en avant une note de Mickaël Cabon publiée sur l’un de ses nombreux blogs. La présentation de la référence de cette note est ainsi transcrite sur le site internet de la société France-Election :

Le télégramme de Brest - " Les absents ont toujours tort " -
http://brestoiseries.blogs.letelegramme.com/archive/2007/...
Le témoignage de Mikaël Cabon, élu MoDem, de la ville de Brest sur le vote, les " anti-machines " et la problématique du dépouillement.
"

Mikael Cabon, tête de liste du Modem pour les municipales 2008 dans la cité du Ponant est en effet présenté comme "élu Modem de la ville de Brest". La société France-Election ne semble pas savoir que monsieur Cabon n'est pas (encore ?) élu à la ville de Brest. Peut on penser alors que la société NEDAP est déjà informée du résultat des prochaines élections municipales de mars prochain à Brest ? C'est vraiment beau l'informatique !!! Je ne doute pas que cette société recevra rapidement un petit coup de fil du service élections de la ville de Brest pour modifier sa boulette.

Ce scandale du vote électronique est source de nombreux bétisiers ou déclarations farfelues. Le site Ordinateurs-de-vote.org en a récolté quelques perles qui mérite le détour.

Dans le style "bourrage d'urnes", voilà une autre perle brestoise qui aurait pu passer innaperçue.

photo Le TélégrammeDans le Télégramme du Mardi 05 février 2008, Patrice Le Berre relate l'autorisation donnée par notre Ministre de l'Intérieur en ce qui concerne l'utilisation de ces fumeux ordinateurs de vote pour les scrutins des élections cantonnales et municipales (autorisation qui sera commentée dans une autre note). Pour illustrer son article, le journaliste a utilisé une photo du directeur du service élections de la Ville de Brest qui présente les "urnes" électroniques insérées dans les ordinateurs de vote. Je crois me souvenir qu'il s'agit là d'une image d'archives. Le journaliste du Télégramme me corrigera si tel n'est pas le cas. A observer la photographie l'on peut y lire une inscription qui indique : "classement urnes 061 à 080". Toute personne sachant compter sur ses doigts aura calculé qu'a priori la boîte de rangement devrait donc contenir 20 cartouches informatiques.

photo Le Télégramme


Là où cela devient comique, c'est lorsqu'on prend le temps de compter le nombre de cartouches qui se trouvent effectivement dans la boîte présentée par Monsieur Moal, l'on en recense une trentaine bien tassée soit... 10 de trop. Pas de quoi fouetter un chat me diriez-vous ? J'en conviens. Ceci dit, à la lecture détaillée des pseudos procédures mises en avant par le ministère de l'Intéreur pour soi disant "renforcer la confiance des électeurs" (sic) dans ces ordinateurs de vote opaques dans leur fonctionnement, le système de rangement mis en en place à la Ville de Brest ne serait pas là pour nous rassurer. La photographie illustrant le contraire du message de la communication du ministère de l'Intérieur. Ah, les détails.

J'en profite pour saluer monsieur Moal et son équipe qui me réservent toujours le meilleur accueil lorsque je les sollicite. Le personnel municipal, je ne manque pas de le rappeler, n'est pas à l'origine de l'imposition aux électeurs brestois de ces ordinateurs de vote opaques et invérifiables.