28.01.2008

La parité sous contraintes ?

Marie-Jo Zimmermann, présidente de l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes a remis un rapport au Premier ministre dans lequel elle s’interroge si pour les élections municipales et cantonales de 2008, la parité ne serait pas sous contraintes?

Dans un communiqué diffusé à la presse, la rapporteure constate que “depuis la réforme constitutionnelle de 1999, les élections municipales constituent l'échelon le plus élaboré du principe paritaire, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Obligatoire, par tranche de six, sur les listes électorales des communes de 3.500 habitants et plus, en 2001, la récente loi du 31 janvier 2007 permettra, en mars prochain, de mettre en place dans les lieux de décision les plus féminisés de France, un partage strict des responsabilités exécutives entre les femmes et les hommes.

Avec autant d'adjointes que d'adjoints dans les conseils municipaux, soit un véritable partage des responsabilités entre les femmes et les hommes, les conseils municipaux constitueront l'avant-garde démocratique de la révolution paritaire, en fort contraste avec la lente féminisation de l'Assemblée nationale (47,5% de conseillères municipales dans les villes concernées contre 18,5% de députées seulement).

Pour Marie-Jo Zimmermann, il "reste donc visiblement nécessaire de rappeler aux partis politiques qu'ils doivent non seulement respecter la loi en terme d'investiture paritaire, mais également, comme il est inscrit dans l'article 4 de la Constitution, "contribuer à sa mise en oeuvre", en respectant l'esprit de la loi lorsque celle-ci n'est pas directement contraignante."

Dans son communiqué, l'Observatoire de la parité souligne que "la majorité des témoignages recueillis par lors de cette enquête donne également à craindre que les élections de 2008 soient l'occasion d'opérer un renouvellement massif des femmes sortantes lors de la constitution des listes municipales et que les élections cantonales voient 90% des sortants réinvestis au détriment des femmes, cantonnées au rôle de remplaçantes."

L'Observatoire annonce qu’il se montrera "particulièrement vigilant sur ces questions et ne manquera pas d'en faire état dans ses prochaines publications.» Or, dit-il, «aux vues des premières investitures annoncées, notamment à la tête des listes, dans les villes de plus de 20.000 habitants, il semble que les électeurs et électrices, pourtant clairement en attente d'une féminisation de leurs représentants, devront se contenter dans 85% des cas, de listes dirigées par des hommes."

Pour rappel, la loi du 31 janvier 2007 a introduit quatre nouvelles dispositions, dont deux concernent les élections municipales dans les villes de 3.500 habitants et plus:

- alternance stricte femmes-hommes dans la composition des listes électorales;
- obligation de parité sur les listes d’adjoints élus par le conseil municipal.

Une autre concerne les élections cantonales en imposant aux candidat(e)s aux élections cantonales de se présenter au côté d'un(e) remplaçant(e) de l'autre sexe, qui le remplace an cas de décès ou démission.

A Brest, sur cinq listes déjà déclarées à l’élection municipale, une seule (“Pour Brest la gauche debout”) propose une femme comme tête de liste.

Dans le Finistère, les socialistes sont déjà montrés du doigt. Sur 26 cantons renouvelables en 2008, l’on ne compte que 6 candidates dans leurs rangs (contre cinq il y a six ans) pour vingt candidats. Au Parti socialiste l’on appelle cela une “progression”. Du côté de la droite finistèrienne, ce n'est guère mieux. Seules 7 candidates ont été désignées pour défendre les couleurs d'Alliance pour le Finistère. Sans commentaires.


dossier de presse de l'Observatoire de la parité - 23/01/2008 (document au format .PDF, 136 Ko).

17.01.2008

Communication chabada-bada

Les différentes listes se faisant désirer pour entrer dans le cœur de la campagne, les sujets se font rares pour alimenter ce blog. Reste que, ne souhaitant pas rester démuni devant une page blanche qui ne demande qu’à être remplie, je vais commencer à m’intéresser aussi à la forme des campagnes des différentes listes en lice. C’est donc en toute légéreté que mon attention va se porter sur la communication chabada-bada de la liste “Pour Brest, la gauche debout”.

En politique, lorsqu’on parle aujourd’hui de listes chabada-bada en ce qui concerne les élections municipales, l’on fait référence à la loi récente sur la parité. La liste “Pour Brest, la gauche debout” qui revendique vouloir mettre en avant la question des inégalités homme/femme dans son projet a choisi une forme bien particulière pour affirmer cette approche dans cette campagne des municipales : signer chaque communication à la presse par à la fois un homme et une femme. Suffit de consulter leurs derniers communiqués pour s’en rendre compte. Tour à tour, ce sont Céline et Olivier, Christophe et Bahar, Benoist et Bahar, Céline et Benoist, Hubert et Céline, etc... qui s’affichent en signataires. Volontairement, je ne mentionnerai pas les noms de famille des intéressé-e-s car jusqu’à récemment seuls leurs prénoms figuraient sur leur site internet de campagne. A vouloir jouer la carte de la discrétion...

A croire que l’intention est d’évacuer toute personnalisation des réflexions proposées. Intention sans doute louable de plutôt vouloir mettre en avant les réflexions politiques en faisant le choix d’éviter de personnaliser l’émetteur de ces communications. La pensée devant privilégier la forme. Quoiqu’il en soit, à terme cette technique enléve toute personnalité aux membres de cette liste qui ne demandent à mon sens, du moins s’ils veulent être élu-e-s, à être identifié-e-s par les brestois en tant que personnes à part entière. L’on peut espérer pour eux qu’ils envisageront aussi désormais de s’exprimer individuellement dans certaines communications afin que l’on découvre la richesse de leurs personnalités. Quand un citoyen souhaite déléguer un mandat à quelqu’un, en dehors du programme électoral mis en avant par les candidats, l’on a envie de savoir qui compose les listes afin d’évaluer la capacité de ses membres à avoir ou non de la gniak pour s’exprimer dans la jungle politicienne locale en notre nom. C’est bien un minimum.

Je ne vous cache pas que ma lecture de cette technique de communication chabada-bada n’est pas partagée par tous les membres de mon entourage. Je ne doute pas qu’elle s’enrichira de vos commentaires. Je ne pense pas que l’intention première des intéressé-e-s fut que cette technique soit matière à débat. Je constate un peu amusé en finissant cette note, qu’elle aura permis d’apporter une certaine visibilité à la liste “Pour Brest, la gauche debout”. Ce n’est sûrement pas eux qui s’en plaindront.

10.12.2007

Municipales à Brest : cherchez la femme

Machos les groupes politiques brestois? Si la parité est désormais inscrite dans la loi, à Brest le choix d’une femme comme tête de liste pour les élections municipales ne fait pas légion. L’on a beau chercher parmi les têtes de liste des précédents scrutins municipaux brestois, l’on ne trouve que la représentation du genre masculin. Verra t-on enfin une tête de liste féminine aux municipales de 2008 à Brest? Peut être...

Lire la suite...